Écrits de Mémoires
Des traces mémorielles.
Sur des toiles altérées grâce au procédé d’écriture cachée, je dis le jaillissement des craquelures, la richesse des lézardes.
L’application de la couleur et le placement de la lumière dévoilent les marécages intérieurs.
L’idée de la finitude pour une création qui donne à voir l’écart entre le temps intérieur et le temps de l’univers.
Colonies de Soupirs
Immobile – les pieds sur le sol – Combien de temps s’est écoulé ?
Pétrifiée –
La mousse envahit les pieds, Battements de la végétation.
C’est gris roche.
Et vert
Je me souviens, High Street Kensington. Je passais désinvolte.
Aujourd’hui je n’ai rien perdu de la liberté qui m’étourdissait quand j’avais treize ans.
Deux heures à perdre –
Je ne perds pas mon temps.
Grisée de soleil comme il y a longtemps,
Je marche. Je lève le nez. Je ne vois que les gouttières, les oiseaux.
Et au-dessus, les toits.
Avant tout était déjà dans le ciel.
Déjà je marchais au rythme de Verlaine.
Autour de moi beaucoup sont morts.
Dans un jardin intime les fougères, les pois, les lys s’enroulent à mes chevilles,
Couleuvres.
Luxuriantes verdures
Et quelque chose de plus rare. Les mots.
Colonies de soupirs.
Le lierre trace des hiéroglyphes sur mes jambes.
Dans la contre-allée je sens l’encre, la colle, le vernis.

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Mes œuvres dialoguent avec les matières, les objets et les fragments du quotidien.
